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Vitamine D et migraine chronique : ce que révèle une nouvelle étude scientifique

Mots-clés : vitamine D, migraines chroniques, migraines épisodiques, sensibilité musculaire, chronification de la migraine, facteurs nutritionnels de migraine, sensibilisation centrale

 

Dans notre centre, unique cabinet de neurologie chiropratique en Île-de-France, nous sommes convaincus depuis longtemps que la migraine n'est pas une simple affaire de prédisposition génétique ou de stress. Elle résulte d'un dysfonctionnement du système nerveux et d'une hypersensibilité du cerveau à son environnement.

Cette nouvelle étude publiée en 2026 dans Cephalalgia Reports rejoint notre approche : comprendre la migraine dans sa globalité, en tenant compte des muscles, du système nerveux, de la posture cervicale, mais aussi du mode de vie, de l'alimentation et des facteurs biologiques sous-jacents. Les liens entre sensibilité musculaire accrue, déficience en vitamine D et chronicisation de la migraine mis en évidence par cette recherche font écho à ce que nous observons quotidiennement en consultation : de nombreux patients migraineux présentent une tension musculaire importante, des douleurs cervicales, de la fatigue — autant de signaux qui témoignent d'un système nerveux irrité et d'un organisme en déficit.

Notre prise en charge chiropratique et de neurologie fonctionnelle vise précisément à réduire ces irritations, à améliorer la stabilité du système nerveux et à diminuer durablement la fréquence et l'intensité des crises — sans masquer les symptômes mais en traitant leurs causes profondes. Et pour cela, notre protocole de soins comprend une combinaison des manipulations vertébrales, de la neurostimulation, de la correction posturale et de conseils en alimentation.

Introduction : pourquoi s'intéresser à la vitamine D dans la migraine ?

 

La migraine est l'une des maladies neurologiques les plus répandues et les plus invalidantes au monde. Elle peut évoluer d'une forme épisodique (moins de 15 jours de crise par mois) vers une forme chronique (15 jours ou plus par mois), avec à la clé une dégradation importante de la qualité de vie, davantage de comorbidités et des coûts de santé plus élevés.

Parmi les facteurs susceptibles d'influencer cette évolution vers la chronicité, les chercheurs s'intéressent de plus en plus aux éléments métaboliques modifiables. La vitamine D en fait partie. Vitamine aux effets multiples sur l'organisme, elle joue un rôle reconnu dans la modulation immunitaire, l'inflammation, la fonction neuromusculaire et le traitement de la douleur. Des récepteurs à la vitamine D sont présents dans de nombreuses régions du cerveau impliquées dans la migraine, notamment le cortex, le thalamus, l'hypothalamus et le tronc cérébral.

Pourtant, jusqu'à présent, aucune étude n'avait examiné simultanément les taux de vitamine D, le stade de la migraine (épisodique ou chronique) et la sensibilité musculosquelettique mesurée objectivement. C'est précisément ce que propose cette nouvelle étude indienne publiée en 2026 dans Cephalalgia Reports.

 

L'étude sur la vitamine D et migraine chronique : 

 

Cette étude observationnelle transversale à trois groupes a été menée entre mars et décembre 2025 dans un service de neurologie en Inde. Elle a inclus 150 participants répartis en trois groupes parfaitement comparables en termes d'âge, de sexe et d'indice de masse corporelle :

  • 50 patients souffrant de migraine chronique (CM) : au moins 15 jours de céphalées par mois, dont 8 jours de migraine vraie
  • 50 patients souffrant de migraine épisodique (EM) : moins de 15 jours de crise par mois
  • 50 sujets sains, utilisés comme groupe témoin

Tous les diagnostics ont été établis selon les critères internationaux de l'ICHD-3. Les personnes prenant déjà des suppléments de vitamine D, souffrant de maladies rénales ou hépatiques, ou présentant des troubles affectant le métabolisme de la vitamine D, ont été exclues.

Les chercheurs ont mesuré le taux sanguin de 25-hydroxyvitamine D [25(OH)D], le marqueur biologique de référence pour évaluer le statut en vitamine D. Un taux inférieur à 30 ng/mL a été retenu comme seuil de déficience. Par ailleurs, une évaluation standardisée de la sensibilité musculaire et osseuse a été réalisée par palpation sur plusieurs zones du corps (tempes, nuque, coudes, cuisses, tendon d'Achille, avant-bras et tibias), avec une notation de 0 à 3 selon l'intensité de la douleur ressentie.

 

Les résultats clés : un gradient clair entre vitamine D et sévérité de la migraine

Des taux de vitamine D qui chutent quand la migraine est chronique

 

Les résultats sont statistiquement très robustes :

  • Groupe contrôle : taux moyen de vitamine D à 35,7 ng/mL
  • Migraine épisodique : taux moyen à 26,3 ng/mL
  • Migraine chronique : taux moyen à 18,7 ng/mL

Chaque passage d'un groupe au suivant correspond à une baisse d'environ 7,4 ng/mL de vitamine D. Cette relation progressive (appelée relation dose-réponse) renforce la crédibilité biologique de l'association.

 

Une déficience en vitamine D très répandue, surtout chez les migraineux chroniques

 

  • 78 % des patients souffrant de migraine chronique présentaient une déficience en vitamine D (taux < 30 ng/mL)
  • 60 % des migraineux épisodiques en souffraient également
  • 46 % des sujets sains étaient aussi déficients — ce qui reflète une problématique générale de santé publique dans la population étudiée

Après ajustement pour l'âge, le sexe et l'IMC, la migraine chronique restait 3,57 fois plus souvent associée à une déficience en vitamine D que chez les sujets sains.

 

Plus la migraine est chronique, plus la sensibilité à la douleur est élevée

 

Les patients migraineux, qu'ils soient épisodiques ou chroniques, présentaient des scores de sensibilité musculaire nettement supérieurs à ceux des sujets sains. Les patients atteints de migraine chronique affichaient également une sensibilité osseuse significativement plus élevée que les témoins. De plus, les taux de vitamine D étaient inversement corrélés aux scores de douleur musculaire : plus le taux de vitamine D était bas, plus la sensibilité douloureuse était importante.

Des symptômes systémiques associés à la faiblesse en vitamine D

 

Les patients souffrant de migraine chronique déclaraient plus souvent : de la fatigue (66 % contre 34 % pour les migraineux épisodiques), des douleurs dans les membres (42 % contre 24 %), des douleurs dorsales (60 % contre 36 %) et des douleurs généralisées (44 % contre 18 %). Après correction statistique, la dépression et la fatigue restaient significativement associées à des taux bas de vitamine D.

 

Que nous dit cette étude sur les mécanismes en jeu ?

 

Les auteurs proposent un modèle explicatif en plusieurs niveaux :

Au niveau périphérique, la déficience en vitamine D entraînerait une atrophie des fibres musculaires, la formation de points gâchettes (trigger points) et une augmentation de l'excitabilité des nocicepteurs (récepteurs de la douleur), générant ainsi une douleur musculosquelettique persistante. Une minéralisation osseuse insuffisante pourrait également activer les terminaisons nerveuses du périoste (membrane entourant les os), expliquant la sensibilité osseuse accrue.

Au niveau central, la vitamine D modulerait directement le système nerveux central : ses récepteurs sont présents dans des zones impliquées dans la migraine, et sa déficience favoriserait un état pro-inflammatoire et une hyperexcitabilité neuronale, abaissant ainsi le seuil de déclenchement des crises.

Le modèle synergique proposé : les douleurs musculosquelettiques d'origine périphérique, amplifiées par la déficience en vitamine D, enverraient des signaux douloureux persistants vers le cerveau, renforçant la sensibilisation centrale — mécanisme clé de la chronicisation de la migraine.

 

 

Questions & Réponses sur la vitamine D et la migraine

 

Q1 : Qu'est-ce que la migraine chronique, et en quoi diffère-t-elle de la migraine épisodique ?

La migraine chronique se définit par la survenue de maux de tête au moins 15 jours par mois pendant plus de 3 mois, dont au moins 8 jours correspondent à de véritables crises de migraine. La migraine épisodique désigne des crises survenant moins de 15 jours par mois. La forme chronique est associée à une plus grande invalidité, à davantage de troubles associés (fatigue, douleurs diffuses, dépression) et à une moins bonne réponse aux traitements. Elle touche environ 2 % de la population mondiale.

Q2 : Quel est le lien entre vitamine D et douleur dans la migraine selon cette étude ?

L'étude montre que les taux de vitamine D diminuent progressivement à mesure que la migraine s'aggrave : les migraineux chroniques ont des taux moyens presque deux fois inférieurs à ceux des sujets sains (18,7 ng/mL contre 35,7 ng/mL). Un taux bas de vitamine D est aussi corrélé à une plus grande sensibilité musculaire et osseuse. Les chercheurs pensent que la vitamine D agit à la fois sur les muscles (formation de points douloureux) et sur le cerveau (hyperexcitabilité des neurones de la douleur), créant un terrain favorable à la chronicisation des migraines.

Q3 : Faut-il se supplémenter en vitamine D pour soigner sa migraine ?

L'étude n'apporte pas de réponse définitive à cette question car elle ne mesure pas l'effet d'une supplémentation. Elle souligne toutefois que la déficience en vitamine D représente un facteur potentiellement modifiable, et recommande de dépister cette déficience chez les patients souffrant de migraine chronique, en particulier ceux qui présentent également des douleurs musculaires diffuses ou une grande fatigue. Des essais cliniques contrôlés seront nécessaires pour déterminer si corriger ce déficit réduit réellement la fréquence ou l'intensité des crises.

Q4 : Cette étude concerne-t-elle uniquement certaines populations ?

L'étude a été menée en Inde, dans une région où la déficience en vitamine D est fréquente dans la population générale (46 % des sujets sains étaient aussi déficients). Les résultats pourraient donc ne pas être totalement transposables à des populations européennes, américaines ou nord-africaines, où le profil d'exposition solaire et les habitudes alimentaires diffèrent. Les auteurs recommandent que des études similaires soient reproduites dans d'autres pays.

Q5 : Quels sont les vitamines et suppléments qui sont utiles pour la migraine ?

J'ai déjà parlé dans plusieurs articles de l'importance des vitamines et suppléments pour la migraine, que vous pouvez retrouver dans les liens suivants :

Vitamines et Suppléments pour la migraine

Autres suppléments efficaces pour la migraine

Vitamine B, maux de tête et migraines

Points à retenir

  1. Un gradient clair : les taux de vitamine D diminuent progressivement des sujets sains (-7,4 ng/mL par étape) vers les migraineux épisodiques, puis vers les migraineux chroniques — qui affichent les taux les plus bas avec une moyenne de 18,7 ng/mL.

  2. Une forte prévalence de déficience : 78 % des migraineux chroniques sont déficients en vitamine D (taux < 30 ng/mL), contre 60 % chez les migraineux épisodiques et 46 % chez les sujets sains — un chiffre déjà préoccupant en lui-même.

  3. Un lien avec la douleur musculaire et osseuse : plus le taux de vitamine D est bas, plus la sensibilité à la douleur (muscles, os) est élevée. La migraine chronique s'accompagne aussi plus souvent de fatigue, de douleurs diffuses et de dépression — tous liés à une faible vitamine D.

  4. Un mécanisme plausible mais à confirmer : la vitamine D pourrait à la fois amplifier les douleurs musculosquelettiques périphériques et abaisser le seuil de déclenchement central des crises. Mais la causalité reste à établir — la migraine pourrait aussi causer la déficience (via la photophobie et la sédentarité).

  5. Une piste clinique concrète : le dépistage de la déficience en vitamine D est recommandé chez tout patient souffrant de migraine chronique, notamment en présence de douleurs musculaires, de fatigue ou de symptômes dépressifs. Cette mesure simple et peu coûteuse pourrait ouvrir la voie à une prise en charge plus globale et personnalisée.

Références :

  1. Référence complète : Prakash S, Yadav M, Vadodaria V, Patel SM. Serum vitamin D levels in chronic versus episodic migraine: A cross-sectional three-arm study of associations with migraine chronicity and musculoskeletal tenderness. Cephalalgia Reports. 2026;9. DOI: 10.1177/25158163261456250

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Denis Alemi, chiropracteur Paris 16